La « remigration » n’est plus du tout un tabou pour le Vlaams Belang
([Politique] 2026-03-01 (Het Nieuwsblad))
- Reference: 2026-03_Belgaimage-134427173-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/la-remigration-nest-plus-du-tout-un-tabou-pour-le-vlaams-belang/
- Source link: https://www.nieuwsblad.be/politiek/jarenlang-zelfs-voor-extreemrechts-taboe-nu-zet-ook-vlaams-belang-in-op-remigratie/143810895.html
« La liberté, c’est la liberté de dire que la remigration est une nécessité sans se faire traiter de raciste. » Le week-end dernier, lors de son discours à l’occasion de la conférence de la droite conservatrice CPAC à Budapest, le président du Vlaams Belang Tom Van Grieken a parlé de la liberté d’expression. « La liberté de dire qu’il n’existe que deux genres : homme et femme », mais également celle de parler de remigration.
C’est un terme chargé qu’évoque Van Grieken. Le concept de remigration consiste en quelque sorte à organiser une « immigration de masse inversée », autrement dit à déporter les illégaux, les criminels étrangers, voire — en fonction de celui qui emploie le terme — les étrangers « non adaptés ». L’idée, attisée entre autres par Dries Van Langenhove en Flandre, circule depuis environ dix ans dans les cercles identitaires. Cela fait par exemple longtemps que le vocable est utilisé par l’association étudiante nationaliste NSV, un vivier électoral du Vlaams Belang.
Début 2024, le mot « remigration » a fait son apparition pour la première fois à l’échelle mondiale. Martin Sellner, le Van Langenhove autrichien, s’est entretenu avec des responsables politiques de l’AFD (Alternative für Deutschland), pour aboutir à un plan stratégique pour organiser la remigration. Au début, ce plan a suscité des manifestations massives, mais depuis lors, l’AFD a complètement repris l’idée à son compte et a notamment publié des affiches représentant un avion qui décolle.
Les partis homologues de l’AFD au niveau européen lui ont emboîté le pas, y compris le Vlaams Belang. Dans les textes de son grand congrès sur l’immigration de 2023, le terme n’apparaît pas encore. On n’en trouve aucune trace non plus dans son dernier programme électoral. Mais depuis l’année passée, le mot remigratie ruisselle petit à petit dans les communiqués de presse et lors des interventions au parlement. Et désormais donc, sous les projecteurs internationaux de Budapest également.
[1]« F*CK Vlaams Belang »: quand le rappeur Baloji irrite l’extrême droite aux MIA’s
« Le terme remigration sert à normaliser l’idée d’un retour forcé, constate Ico Maly, professeur en sciences des médias, de la culture et de la politique à l’université de Tilburg. Ce mot semble plus anodin que déportations, ce qui le rend plus acceptable. » Et c’est exactement ce que déclaraient Van Langenhove et Sellner dans une vidéo réalisée à l’issue de leur « Sommet de la remigration » l’année passée dans les environs de Milan : « Ce que nous disons aujourd’hui à Milan deviendra mainstream dans quelques années. »
Lors de la conférence CPAC du week-end dernier, l’influenceuse d’extrême droite Eva Vlaardingerbroek, interdite de séjour en Grande-Bretagne, fut celle qui a le plus défendu la remigration : « Le sujet numéro un, sur lequel doivent se concentrer tous les partis de droite dans les pays touchés par l’immigration de masse, c’est la remigration, a-t-elle affirmé. Rien n’est plus important. » Son argumentaire se fonde entre autres sur la théorie complotiste qui voudrait que l’Europe se dirige vers un « génocide » perpétré par les immigrés arabes et africains.
« Si nous pouvons coopérer au niveau européen, la théorie sur la remigration pourra évoluer à très court terme vers un projet concret. »
Toute la salle a applaudi ses théories, y compris la large délégation du Vlaams Belang installée au premier rang. Sur les photos de la conférence, on peut distinguer six députés Vlaams Belang, dont les députés flamands Bart Claes (président de la commission Enseignement) et Stefaan Sintobin (président de la commission Bien-être).
[2]Qui est Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang qui a ressuscité un parti à l’agonie ?
La porte-parole du Vlaams Belang n’était pas disponible hier pour une réaction. Concernant l’utilisation du mot remigration, le vice-président du parti, Filip Brusselmans, s’est exprimé il y a pas moins de deux semaines dans une vidéo du parti : « La remigration, c’est en réalité ce que nous disons depuis des années, à savoir qu’il faut renvoyer chez eux les étrangers illégaux, les profiteurs et les fondamentalistes musulmans. » Pour lui, la remigration s’inscrit dans le cadre d’une coopération croissante entre partis frères européens : « Si nous pouvons coopérer au niveau européen, la théorie sur la remigration pourra évoluer à très court terme vers un projet concret. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/fck-vlaams-belang-quand-le-rappeur-baloji-irrite-lextreme-droite-aux-mias/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/qui-est-tom-van-grieken-le-president-du-vlaams-belang-qui-a-ressuscite-un-parti-a-lagonie/
C’est un terme chargé qu’évoque Van Grieken. Le concept de remigration consiste en quelque sorte à organiser une « immigration de masse inversée », autrement dit à déporter les illégaux, les criminels étrangers, voire — en fonction de celui qui emploie le terme — les étrangers « non adaptés ». L’idée, attisée entre autres par Dries Van Langenhove en Flandre, circule depuis environ dix ans dans les cercles identitaires. Cela fait par exemple longtemps que le vocable est utilisé par l’association étudiante nationaliste NSV, un vivier électoral du Vlaams Belang.
Début 2024, le mot « remigration » a fait son apparition pour la première fois à l’échelle mondiale. Martin Sellner, le Van Langenhove autrichien, s’est entretenu avec des responsables politiques de l’AFD (Alternative für Deutschland), pour aboutir à un plan stratégique pour organiser la remigration. Au début, ce plan a suscité des manifestations massives, mais depuis lors, l’AFD a complètement repris l’idée à son compte et a notamment publié des affiches représentant un avion qui décolle.
Les partis homologues de l’AFD au niveau européen lui ont emboîté le pas, y compris le Vlaams Belang. Dans les textes de son grand congrès sur l’immigration de 2023, le terme n’apparaît pas encore. On n’en trouve aucune trace non plus dans son dernier programme électoral. Mais depuis l’année passée, le mot remigratie ruisselle petit à petit dans les communiqués de presse et lors des interventions au parlement. Et désormais donc, sous les projecteurs internationaux de Budapest également.
[1]« F*CK Vlaams Belang »: quand le rappeur Baloji irrite l’extrême droite aux MIA’s
« Le terme remigration sert à normaliser l’idée d’un retour forcé, constate Ico Maly, professeur en sciences des médias, de la culture et de la politique à l’université de Tilburg. Ce mot semble plus anodin que déportations, ce qui le rend plus acceptable. » Et c’est exactement ce que déclaraient Van Langenhove et Sellner dans une vidéo réalisée à l’issue de leur « Sommet de la remigration » l’année passée dans les environs de Milan : « Ce que nous disons aujourd’hui à Milan deviendra mainstream dans quelques années. »
Lors de la conférence CPAC du week-end dernier, l’influenceuse d’extrême droite Eva Vlaardingerbroek, interdite de séjour en Grande-Bretagne, fut celle qui a le plus défendu la remigration : « Le sujet numéro un, sur lequel doivent se concentrer tous les partis de droite dans les pays touchés par l’immigration de masse, c’est la remigration, a-t-elle affirmé. Rien n’est plus important. » Son argumentaire se fonde entre autres sur la théorie complotiste qui voudrait que l’Europe se dirige vers un « génocide » perpétré par les immigrés arabes et africains.
« Si nous pouvons coopérer au niveau européen, la théorie sur la remigration pourra évoluer à très court terme vers un projet concret. »
Toute la salle a applaudi ses théories, y compris la large délégation du Vlaams Belang installée au premier rang. Sur les photos de la conférence, on peut distinguer six députés Vlaams Belang, dont les députés flamands Bart Claes (président de la commission Enseignement) et Stefaan Sintobin (président de la commission Bien-être).
[2]Qui est Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang qui a ressuscité un parti à l’agonie ?
La porte-parole du Vlaams Belang n’était pas disponible hier pour une réaction. Concernant l’utilisation du mot remigration, le vice-président du parti, Filip Brusselmans, s’est exprimé il y a pas moins de deux semaines dans une vidéo du parti : « La remigration, c’est en réalité ce que nous disons depuis des années, à savoir qu’il faut renvoyer chez eux les étrangers illégaux, les profiteurs et les fondamentalistes musulmans. » Pour lui, la remigration s’inscrit dans le cadre d’une coopération croissante entre partis frères européens : « Si nous pouvons coopérer au niveau européen, la théorie sur la remigration pourra évoluer à très court terme vers un projet concret. »
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/fck-vlaams-belang-quand-le-rappeur-baloji-irrite-lextreme-droite-aux-mias/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/qui-est-tom-van-grieken-le-president-du-vlaams-belang-qui-a-ressuscite-un-parti-a-lagonie/