27 ans d’écart, le couple N-VA qui incarne la politique spectacle à la flamande
([Culture et Médias, Politique] 2026-03-01 (DaarDaar))
- Reference: 2026-03_Belgaimage-122075064-1-255x170
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Elle a 36 ans, il en a 63. Elle est bourgmestre d’Anvers, il est le président de la Chambre. Els Van Doesburg et Peter De Roover, tous deux N-VA, sont ce qu’on appelle un « couple du pouvoir ». Leur participation dans l’émission Maison Verhulst sous le soleil tropézien illustre un phénomène bien installé en Flandre : la politique y est aussi devenue un spectacle.
Sous le soleil éclatant de Saint-Tropez, Els van Doesburg, Peter De Roover et leur enfant de 9 mois se retrouvent dans la villa luxueuse de [1]Gert Verhulst, le magnat médiatique flamand pour l’émission « Maison Verhulst », diffusée sur la chaîne privée PLAY. Le couple se prête au jeu des confidences, brouillant les frontières entre monde politique et « showbizz ».
Au cœur de l’épisode, leur différence d’âge et les débuts hésitants de leur relation. « Au début, il n’osait pas me tenir la main en rue », confie Els Van Doesburg, rappelant que « les gens ont une certaine image d’un homme avec une femme beaucoup plus jeune ».
Voir cette publication sur Instagram
[2]Une publication partagée par Play (@play_be)
Peter De Roover admet sa réserve initiale : « En tant que cinquantenaire, je ne pouvais quand même pas faire des avances à une femme de vingt ans ? » Sous le ciel azur, ces aveux prennent des airs de romance assumée. On en oublierait même qu’il s’agit de la bourgmestre de la plus grande ville de Belgique et du président de la Chambre, le premier citoyen de Belgique…
« Comme des influenceurs, les politiques flamands ‘vendent’ leur personnalité. »
« Les gens aiment les voir parce qu’ils incarnent à la fois le prestige politique et une histoire personnelle captivante. Leur différence d’âge intrigue aussi », analyse Laura Jacobs, politologue à l’Université d’Anvers. « Mais au-delà de leurs fonctions, ils mettent en scène leur vie privée sur les réseaux sociaux : ils s’inscrivent dans une véritable économie de l’attention. Comme des influenceurs, ils ‘vendent’ leur personnalité. Le public ne veut plus seulement des idées politiques, il veut des récits, des histoires humaines. »
[3]Quand les politiques se prennent pour des acteurs… un phénomène « typisch Vlaams » !
Depuis les années 1990, les téléspectateurs flamands voient régulièrement des politiques dans des émissions de divertissement. Bert Anciaux, à l’époque président de la Volksunie, était l’un des précurseurs. Il n’hésitait pas à raconter sa vie privée dans les magazines people comme Dag Allemaal.
Inviter des politiques au même titre que d’autres personnalités médiatiques dans des émissions de divertissement est un phénomène typiquement flamand. Quiz, jeux, talk-shows… les formats ne manquent pas. Le quiz ultra-populaire « De Slimste Mens » accueille par exemple chaque saison des représentants politiques.
« Les politiciens vedettes, ce n’est pas nouveau en Flandre, c’est même une longue tradition. On l’a vu avec Bart De Wever, ou encore avec les nombreux responsables politiques passés par De Slimste Mens. Certains disent même que la carrière médiatique de Bart De Wever a vraiment décollé grâce à cette émission », commente Laura Jacobs.
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Plus récemment, Conner Rousseau, le président de Vooruit, a participé à l’émission The Masked Singer (VTM), où il apparaissait en “lapin blanc”. Sammy Mahdi, le président du CD&V, a quant à lui remporté l’émission « Make up your mind » sur VTM. Il s’agit d’un concours de drag-queen auquel participaient 5 « Bekende Vlamingen », des Flamands célèbres. Parmi elles, on retrouvait notamment un acteur, un chanteur et un présentateur de JT… et le président des démocrates chrétiens flamands.
« L’idée est toujours la même : apparaître dans des programmes de divertissement permet de toucher un public qui ne s’intéresse pas forcément à la politique. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, cette logique est encore plus forte. Les extraits circulent sur Instagram, les politiques mettent en avant leur vie personnelle et construisent une image plus accessible, plus ‘authentique’ », ajoute la chercheuse de l’UAntwerpen.
La N-VA a été fondée en 2001 sous le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt. À cette époque, le socialiste Steve Stevaert était l’une des personnes du gouvernement les plus médiatisées, il écrivait même des livres de cuisine.
« Au départ, la N-VA était très critique vis-à-vis de la participation des politiques à des émissions de divertissement. Le fondateur du parti, Geert Bourgeois, y voyait une forme d’infantilisation de la politique. Bart De Wever lui-même était contre aussi », se rappelle Laura Jacobs.
Plus de 20 ans plus tard, force est de constater que Bart De Wever et les membres de son parti ont bien compris que la vedettisation des politiques pouvait être bénéfique pour leur carrière politique… à tel point que l’ex-président de la N-VA a même été le personnage principal d’un film consacré à sa personne : « BDW, politiek beest », (BDW, bête politique).
“Aujourd’hui, la N-VA adopte une approche beaucoup plus pragmatique : soit on refuse d’entrer dans cette logique, soit on s’y inscrit pour en tirer profit. Donner un aperçu de la vie personnelle, créer un lien émotionnel, réduire la distance avec les électeurs… ce sont devenus des outils politiques à part entière. On ne peut pas arrêter ce phénomène », conclut la politologue anversoise.
[4]Pourquoi un film sur Bart De Wever? On vous explique le phénomène des politiques-vedettes flamands
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/qui-est-gert-verhulst-le-magnat-mediatique-derriere-studio-100-le-walt-disney-flamand/
[2] https://www.instagram.com/p/DUFk71Fjkeb/?utm_source=ig_embed&utm_campaign=loading
[3] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/quand-les-politiques-se-prennent-pour-des-acteurs-un-phenomene-typisch-vlaams/
[4] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/pourquoi-un-film-sur-bart-de-wever-on-vous-explique-le-phenomene-des-politiques-vedettes-flamands/
Sous le soleil éclatant de Saint-Tropez, Els van Doesburg, Peter De Roover et leur enfant de 9 mois se retrouvent dans la villa luxueuse de [1]Gert Verhulst, le magnat médiatique flamand pour l’émission « Maison Verhulst », diffusée sur la chaîne privée PLAY. Le couple se prête au jeu des confidences, brouillant les frontières entre monde politique et « showbizz ».
Au cœur de l’épisode, leur différence d’âge et les débuts hésitants de leur relation. « Au début, il n’osait pas me tenir la main en rue », confie Els Van Doesburg, rappelant que « les gens ont une certaine image d’un homme avec une femme beaucoup plus jeune ».
Voir cette publication sur Instagram
[2]Une publication partagée par Play (@play_be)
Peter De Roover admet sa réserve initiale : « En tant que cinquantenaire, je ne pouvais quand même pas faire des avances à une femme de vingt ans ? » Sous le ciel azur, ces aveux prennent des airs de romance assumée. On en oublierait même qu’il s’agit de la bourgmestre de la plus grande ville de Belgique et du président de la Chambre, le premier citoyen de Belgique…
« Comme des influenceurs, les politiques flamands ‘vendent’ leur personnalité. »
« Les gens aiment les voir parce qu’ils incarnent à la fois le prestige politique et une histoire personnelle captivante. Leur différence d’âge intrigue aussi », analyse Laura Jacobs, politologue à l’Université d’Anvers. « Mais au-delà de leurs fonctions, ils mettent en scène leur vie privée sur les réseaux sociaux : ils s’inscrivent dans une véritable économie de l’attention. Comme des influenceurs, ils ‘vendent’ leur personnalité. Le public ne veut plus seulement des idées politiques, il veut des récits, des histoires humaines. »
[3]Quand les politiques se prennent pour des acteurs… un phénomène « typisch Vlaams » !
Les politiciens vedettes, une longue tradition en Flandre
Depuis les années 1990, les téléspectateurs flamands voient régulièrement des politiques dans des émissions de divertissement. Bert Anciaux, à l’époque président de la Volksunie, était l’un des précurseurs. Il n’hésitait pas à raconter sa vie privée dans les magazines people comme Dag Allemaal.
Inviter des politiques au même titre que d’autres personnalités médiatiques dans des émissions de divertissement est un phénomène typiquement flamand. Quiz, jeux, talk-shows… les formats ne manquent pas. Le quiz ultra-populaire « De Slimste Mens » accueille par exemple chaque saison des représentants politiques.
« Les politiciens vedettes, ce n’est pas nouveau en Flandre, c’est même une longue tradition. On l’a vu avec Bart De Wever, ou encore avec les nombreux responsables politiques passés par De Slimste Mens. Certains disent même que la carrière médiatique de Bart De Wever a vraiment décollé grâce à cette émission », commente Laura Jacobs.
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Plus récemment, Conner Rousseau, le président de Vooruit, a participé à l’émission The Masked Singer (VTM), où il apparaissait en “lapin blanc”. Sammy Mahdi, le président du CD&V, a quant à lui remporté l’émission « Make up your mind » sur VTM. Il s’agit d’un concours de drag-queen auquel participaient 5 « Bekende Vlamingen », des Flamands célèbres. Parmi elles, on retrouvait notamment un acteur, un chanteur et un présentateur de JT… et le président des démocrates chrétiens flamands.
« L’idée est toujours la même : apparaître dans des programmes de divertissement permet de toucher un public qui ne s’intéresse pas forcément à la politique. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, cette logique est encore plus forte. Les extraits circulent sur Instagram, les politiques mettent en avant leur vie personnelle et construisent une image plus accessible, plus ‘authentique’ », ajoute la chercheuse de l’UAntwerpen.
La N-VA est devenu un parti « people »
La N-VA a été fondée en 2001 sous le gouvernement arc-en-ciel de Guy Verhofstadt. À cette époque, le socialiste Steve Stevaert était l’une des personnes du gouvernement les plus médiatisées, il écrivait même des livres de cuisine.
« Au départ, la N-VA était très critique vis-à-vis de la participation des politiques à des émissions de divertissement. Le fondateur du parti, Geert Bourgeois, y voyait une forme d’infantilisation de la politique. Bart De Wever lui-même était contre aussi », se rappelle Laura Jacobs.
Plus de 20 ans plus tard, force est de constater que Bart De Wever et les membres de son parti ont bien compris que la vedettisation des politiques pouvait être bénéfique pour leur carrière politique… à tel point que l’ex-président de la N-VA a même été le personnage principal d’un film consacré à sa personne : « BDW, politiek beest », (BDW, bête politique).
“Aujourd’hui, la N-VA adopte une approche beaucoup plus pragmatique : soit on refuse d’entrer dans cette logique, soit on s’y inscrit pour en tirer profit. Donner un aperçu de la vie personnelle, créer un lien émotionnel, réduire la distance avec les électeurs… ce sont devenus des outils politiques à part entière. On ne peut pas arrêter ce phénomène », conclut la politologue anversoise.
[4]Pourquoi un film sur Bart De Wever? On vous explique le phénomène des politiques-vedettes flamands
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/qui-est-gert-verhulst-le-magnat-mediatique-derriere-studio-100-le-walt-disney-flamand/
[2] https://www.instagram.com/p/DUFk71Fjkeb/?utm_source=ig_embed&utm_campaign=loading
[3] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/quand-les-politiques-se-prennent-pour-des-acteurs-un-phenomene-typisch-vlaams/
[4] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/pourquoi-un-film-sur-bart-de-wever-on-vous-explique-le-phenomene-des-politiques-vedettes-flamands/