News: 2026-03_Belgaimage-115401140-255x170

  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Attentats de Bruxelles : quand l’État réclame des comptes aux victimes

([Opinions, Société] 2026-03-01 (Het Nieuwsblad))


Si la façon dont l’appareil d’État a traité les victimes des attentats de Bruxelles était déjà déplorable, on peut désormais parler sans détour de « scandale ».

Plusieurs victimes ont ainsi reçu une mise en demeure de la part du SPF Pensions leur enjoignant de rembourser d’urgence des sommes importantes versées sous forme de pensions de dédommagement, ou les informant d’une réduction de cette allocation. Selon l’administration, il ne serait en effet pas possible de percevoir simultanément des indemnités de l’assurance et de l’État. La pension de dédommagement est une allocation à vie, instaurée après les attentats pour les victimes du terrorisme. Les personnes ayant subi une invalidité d’au moins 10 % peuvent en bénéficier, de même que les proches des victimes décédées.

La prise en charge financière de personnes qui se sont trouvées au mauvais endroit au mauvais moment, et dont l’avenir a été littéralement pulvérisé, relevait déjà du parcours du combattant. Les compagnies d’assurances sont réputées pour encaisser des primes plantureuses et pour faire ensuite preuve de la plus grande réticence au moment de payer. Même vis-à-vis de victimes du terrorisme. Ce dossier démontre que l’appareil d’État ne se montre guère plus humain.

[1]Attentat à Bruxelles : « Le spectacle absolument merdique » de VTM et de la VRT

Il va jusqu’à réclamer aujourd’hui aux victimes le remboursement de sommes déjà dépensées, par exemple pour adapter un logement à un handicap ou financer des années de suivi psychologique pourtant indispensables. Les victimes portent autant de cicatrices à l’intérieur qu’à l’extérieur. Selon leurs avocats, le SPF Pensions outrepasse ses compétences et ne pourrait réclamer le remboursement de sommes indûment perçues qu’en cas de fraude. Or, on peut légitimement supposer que les victimes d’attentats avaient d’autres préoccupations à l’esprit que d’ourdir un système visant à tromper le Trésor public.

Le SPF Pensions reconnaît des erreurs et promet, dans certains cas, de rembourser les montants réclamés à tort. Dont acte, mais une question demeure : pourquoi avoir lancé une telle chasse ? Cette procédure témoigne une fois de plus d’un manque criant d’humanité à l’égard de personnes qui ont n’ont eu que le malheur de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Et qui doivent en payer le prix à vie.

Cette chasse est aussi révélatrice du fonctionnement de l’administration dans sa lutte contre la fraude, qu’il s’agisse du SPF Pensions ou du SPF Finances. Il est plus simple de s’en prendre aux petits poissons. Ce dossier montre jusqu’où cette logique imprègne aujourd’hui nos institutions, qui n’hésitent pas à « marcher sur des cadavres ». Au sens littéral de l’expression.

[2]Attaque terroriste à Bruxelles : la récupération politique de la droite flamande



[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/attentat-a-bruxelles-le-spectacle-absolument-merdique-de-vtm-et-de-la-vrt/

[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/attaque-terroriste-a-bruxelles-la-recuperation-politique-de-la-droite-flamande/



Go not to the elves for counsel, for they will say both yes and no.
-- J.R.R. Tolkien