À tous les anciens chômeurs qui ont déjà trouvé du travail: félicitations !
([Opinions, Politique, Société] 2026-01-01 (Het Laatste Nieuws))
- Reference: 2026-01_Belgaimage-84298712-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/a-tous-les-anciens-chomeurs-qui-ont-deja-trouve-du-travail-felicitations/
- Source link: https://www.hln.be/opinie/aan-alle-langdurig-werklozen-die-aan-het-werk-zijn-nog-voor-ze-hun-uitkering-verliezen-proficiat~ab42d901
Bravo à tous les chômeurs de longue durée qui ont déjà (re)trouvé du travail avant de perdre leurs allocations ! En particulier à la petite minorité qui y est parvenue après plus de vingt ans d’inactivité. Vous vous dites peut-être, entre deux gorgées de café : « Franchement, il était temps, non ? » J’avoue que ce fut aussi ma réaction première. Mais j’ai conscience d’avoir eu la chance de grandir dans une famille « typiquement flamande », avec des parents qui – ils me diront le contraire aujourd’hui, mais je suis sûre de mon fait – préféraient travailler jusqu’à l’épuisement plutôt que d’être vus comme des profiteurs.
Cette philosophie familiale a façonné ma pensée et m’a armée pour le marché du travail, ne serait-ce que parce que mes parents m’ont poussée à faire des études et à me former. Une partie de ceux qui perdent aujourd’hui leurs allocations n’a sans doute pas eu cette chance ni ce cadrage. Pour certains d’entre eux, trouver un emploi à ce stade représente donc bel et bien une petite prouesse. Essayez donc de faire bonne figure lors d’un entretien face à un employeur potentiel avec un CV quasiment vide.
Si beaucoup ont pu rester au chômage si longtemps, ce n’est pas uniquement de leur faute. C’est aussi celle de tous les politiques et organisations qui, pendant tout ce temps, ont freiné la limitation dans le temps du chômage et n’ont pas voulu trop bousculer les bénéficiaires de ce système. Aujourd’hui, on doit y aller à la machette, parce que la gauche, le centre-gauche et les partis se réclamant tantôt de gauche tantôt de droite ont manié le ciseau à ongles pendant des décennies. Il y aura sans aucun doute du désespoir dans le chef de certains, mais la plupart de celles et ceux qui ont besoin d’un revenu finiront bien par atterrir quelque part. Au CPAS, s’ils ne s’en sortent pas. À l’INAMI s’ils sont malades et qu’ils n’auraient donc, pour commencer, jamais dû être considérés comme chômeurs de longue durée.
A relire
[1]Limiter le chômage dans le temps: bonne idée mais n’oublions pas l’intelligence émotionnelle
Un groupe suscite des inquiétudes particulières. Les chômeurs de longue durée dont les pouvoirs publics eux-mêmes ont indiqué qu’ils n’étaient pas (encore) aptes au travail. Il y a tout de même de quoi se demander ce qu’ils ont fait dans le système du chômage pendant tout ce temps et pourquoi personne ne les a jamais orientés vers une indemnité d’incapacité de travail. Sans doute parce qu’ils risquaient de sombrer complètement dans l’oubli. Et de fait, ce groupe risque aujourd’hui de rester définitivement à quai. Cette situation est évidemment préoccupante, même je me demande si les choses iront vraiment jusque-là. Celui qui n’est vraiment pas en état de travailler finira bien par obtenir l’une ou l’autre indemnité, nos médecins ne sont pas à ce point inhumains et nos mutuelles sont connues pour être plus complaisantes que sévères… Un médecin ne restera pas indifférent face à un patient qui, en raison d’une situation familiale compliquée, ne peut pas travailler – même si ces personnes ne relèvent pas davantage de l’incapacité de travail au sens strict et qu’un nouveau statut devrait leur être attribué.
Les conséquences de la limitation du chômage sont difficiles à évaluer. Beaucoup – dont les CPAS et les organisations de lutte contre la pauvreté – redoutent ce qui s’annonce. Dans ce cadre, il reste crucial d’offrir le meilleur accompagnement possible à toutes celles et ceux qui se retrouvent sans allocation ou qui basculent dans un autre système. Tout comme d’éventuels ajustements de la mesure devront s’imposer si l’on constate que ces chômeurs de longue durée ne trouvent – en effet – pas d’emploi, parce que les employeurs préfèrent recourir à des flexijobeurs – pour lesquels les mesures ont été assouplies – ou à des étudiants.
A relire
[2]Le documentaire de Deborsu n’est pas anti-wallon, il est contre l’oisiveté
[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/limiter-le-chomage-dans-le-temps-bonne-idee-mais-noublions-pas-lintelligence-emotionnelle/
[2] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/le-documentaire-de-deborsu-nest-pas-anti-wallon-il-est-contre-loisivete/
Cette philosophie familiale a façonné ma pensée et m’a armée pour le marché du travail, ne serait-ce que parce que mes parents m’ont poussée à faire des études et à me former. Une partie de ceux qui perdent aujourd’hui leurs allocations n’a sans doute pas eu cette chance ni ce cadrage. Pour certains d’entre eux, trouver un emploi à ce stade représente donc bel et bien une petite prouesse. Essayez donc de faire bonne figure lors d’un entretien face à un employeur potentiel avec un CV quasiment vide.
Si beaucoup ont pu rester au chômage si longtemps, ce n’est pas uniquement de leur faute. C’est aussi celle de tous les politiques et organisations qui, pendant tout ce temps, ont freiné la limitation dans le temps du chômage et n’ont pas voulu trop bousculer les bénéficiaires de ce système. Aujourd’hui, on doit y aller à la machette, parce que la gauche, le centre-gauche et les partis se réclamant tantôt de gauche tantôt de droite ont manié le ciseau à ongles pendant des décennies. Il y aura sans aucun doute du désespoir dans le chef de certains, mais la plupart de celles et ceux qui ont besoin d’un revenu finiront bien par atterrir quelque part. Au CPAS, s’ils ne s’en sortent pas. À l’INAMI s’ils sont malades et qu’ils n’auraient donc, pour commencer, jamais dû être considérés comme chômeurs de longue durée.
A relire
[1]Limiter le chômage dans le temps: bonne idée mais n’oublions pas l’intelligence émotionnelle
Un groupe suscite des inquiétudes particulières. Les chômeurs de longue durée dont les pouvoirs publics eux-mêmes ont indiqué qu’ils n’étaient pas (encore) aptes au travail. Il y a tout de même de quoi se demander ce qu’ils ont fait dans le système du chômage pendant tout ce temps et pourquoi personne ne les a jamais orientés vers une indemnité d’incapacité de travail. Sans doute parce qu’ils risquaient de sombrer complètement dans l’oubli. Et de fait, ce groupe risque aujourd’hui de rester définitivement à quai. Cette situation est évidemment préoccupante, même je me demande si les choses iront vraiment jusque-là. Celui qui n’est vraiment pas en état de travailler finira bien par obtenir l’une ou l’autre indemnité, nos médecins ne sont pas à ce point inhumains et nos mutuelles sont connues pour être plus complaisantes que sévères… Un médecin ne restera pas indifférent face à un patient qui, en raison d’une situation familiale compliquée, ne peut pas travailler – même si ces personnes ne relèvent pas davantage de l’incapacité de travail au sens strict et qu’un nouveau statut devrait leur être attribué.
Les conséquences de la limitation du chômage sont difficiles à évaluer. Beaucoup – dont les CPAS et les organisations de lutte contre la pauvreté – redoutent ce qui s’annonce. Dans ce cadre, il reste crucial d’offrir le meilleur accompagnement possible à toutes celles et ceux qui se retrouvent sans allocation ou qui basculent dans un autre système. Tout comme d’éventuels ajustements de la mesure devront s’imposer si l’on constate que ces chômeurs de longue durée ne trouvent – en effet – pas d’emploi, parce que les employeurs préfèrent recourir à des flexijobeurs – pour lesquels les mesures ont été assouplies – ou à des étudiants.
A relire
[2]Le documentaire de Deborsu n’est pas anti-wallon, il est contre l’oisiveté
[1] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/limiter-le-chomage-dans-le-temps-bonne-idee-mais-noublions-pas-lintelligence-emotionnelle/
[2] https://daardaar.be/rubriques/travail-sante/le-documentaire-de-deborsu-nest-pas-anti-wallon-il-est-contre-loisivete/