L’Open VLD devient « Anders » : le nom change, mais le programme aussi ?
([Opinions, Politique] 2026-01-01 (Het Laatste Nieuws))
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- News link: https://daardaar.be/rubriques/politique/lopen-vld-devient-anders-le-nom-change-mais-le-programme-aussi/
- Source link: https://www.hln.be/opinie/het-gaat-niet-om-een-nieuw-geloof-verkondigen-maar-kan-de-gucht-het-geloof-doen-terugkeren~a496ef25/?slug_rd=1
Du passé faisons table rase. Si ces paroles ne provenaient pas de « L’internationale », hymne socialiste bien connu, nul doute que Frédéric De Gucht aurait pu les inventer. Le chef de file des libéraux veut faire les choses « autrement » et c’est donc ainsi qu’il rebaptise son parti. L’Open VLD est mort, vive Anders ! Avec pour seul vestige du parti bleu une boule de cette même couleur sur le logo de la nouvelle formation.
Faire les choses autrement, vraiment ? Soyons clairs : la réception de Nouvel An du parti était un congrès déguisé… C’était un peu comme être invité à un anniversaire pour finalement se rendre compte qu’on est à un mariage. Vous pensiez le parti libéral mort et enterré ? Détrompez-vous : il est en pleine forme ! C’est en tout cas le message que devaient faire passer les 55 bourgmestres participant à l’événement — des visages différents de ceux qui occupent le devant de la scène nationale depuis des années.
Faire les choses autrement, vraiment ? Les précédents ne manquent pourtant pas… En son temps, le parti socialiste flamand avait également intégré le « a » de anders à son nom (passant de « SP » à « sp.a ») pour faire peau neuve. Groen, avant de prendre ce nom, s’appelait Agalev, pour Anders GAan LEVen (« vivre autrement »). Même chez les libéraux, l’ajout d’« Open » au nom du VLD devait marquer l’avènement d’une ère nouvelle, avec l’absorption de Vivant, le parti libéral de gauche de Roland Duchâtelet — qui, à présent, ne jure plus que par le MR, qu’il considère comme le seul parti libéral. Les temps changent. Notons, au passage, que si le MR n’a pas changé de nom, il s’est néanmoins métamorphosé : le parti de Georges-Louis Bouchez n’a plus grand-chose à voir avec celui de Charles Michel. Il penche nettement plus à droite. On peut donc changer le fond en gardant le même nom.
[1]Open Vld, au-delà du changement de nom, la nécessité de se réinventer
Les libéraux flamands feraient-ils l’inverse, changer de nom en gardant le même fond ? Faire les choses autrement, est-ce simplement faire mieux ? En tout cas, les recettes sentent toujours le libéralisme classique. Il y a certes eu quelques idées accrocheuses, comme le compte Einstein. Mais pour l’essentiel, on en reste à l’indémodable triptyque « dégraissage, épanouissement, entrepreneuriat ». Des valeurs cardinales scandées à tue-tête dans la salle, sans doute à l’intention de ceux du fond, qui les avaient oubliées pendant ces dernières années passées au pouvoir. Car le cœur du problème est bien là. Il ne s’agit pas tant de professer une foi nouvelle que de raviver l’ancienne. Frédéric De Gucht en sera-t-il capable ? La question centrale est simple : quelle est encore la place des libéraux dans le paysage politique flamand ? En quoi se distinguent-ils ? Les Engagés ont su occuper l’espace laissé au centre par le MR, le PS et Écolo. Y a-t-il un tel espace pour l’Open VLD — pardon, pour Anders ?
« La question centrale est simple : quelle est encore la place des libéraux dans le paysage politique flamand ? »
Voilà les défis qui attendent Frédéric De Gucht, chargé de sortir de la crise le parti bleu, passé du statut de Titanic à celui de petite barque, pour le remettre à flot. Il bénéficie manifestement d’une plus grande confiance que sa prédécesseure, Eva De Bleeker : elle n’avait même pas été autorisée à annoncer le changement de nom ; lui le fait, sans tambour ni trompette, quatre mois après sa prise de fonctions. La surprise du chef. Sur ce plan, Anders est en meilleure posture que Groen, qui continue de dériver faute de capitaine. Reste à voir si ce président agira vraiment autrement. Les électeurs jugeront sur pièce.
[2]Au fond du trou, l’OpenVld peut-il se permettre de refuser les avances du MR?
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/openvld-changement-nom-necessite-reinventer/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/au-fond-du-trou-lopenvld-peut-il-se-permettre-de-refuser-les-avances-du-mr/
Faire les choses autrement, vraiment ? Soyons clairs : la réception de Nouvel An du parti était un congrès déguisé… C’était un peu comme être invité à un anniversaire pour finalement se rendre compte qu’on est à un mariage. Vous pensiez le parti libéral mort et enterré ? Détrompez-vous : il est en pleine forme ! C’est en tout cas le message que devaient faire passer les 55 bourgmestres participant à l’événement — des visages différents de ceux qui occupent le devant de la scène nationale depuis des années.
Faire les choses autrement, vraiment ? Les précédents ne manquent pourtant pas… En son temps, le parti socialiste flamand avait également intégré le « a » de anders à son nom (passant de « SP » à « sp.a ») pour faire peau neuve. Groen, avant de prendre ce nom, s’appelait Agalev, pour Anders GAan LEVen (« vivre autrement »). Même chez les libéraux, l’ajout d’« Open » au nom du VLD devait marquer l’avènement d’une ère nouvelle, avec l’absorption de Vivant, le parti libéral de gauche de Roland Duchâtelet — qui, à présent, ne jure plus que par le MR, qu’il considère comme le seul parti libéral. Les temps changent. Notons, au passage, que si le MR n’a pas changé de nom, il s’est néanmoins métamorphosé : le parti de Georges-Louis Bouchez n’a plus grand-chose à voir avec celui de Charles Michel. Il penche nettement plus à droite. On peut donc changer le fond en gardant le même nom.
[1]Open Vld, au-delà du changement de nom, la nécessité de se réinventer
Les libéraux flamands feraient-ils l’inverse, changer de nom en gardant le même fond ? Faire les choses autrement, est-ce simplement faire mieux ? En tout cas, les recettes sentent toujours le libéralisme classique. Il y a certes eu quelques idées accrocheuses, comme le compte Einstein. Mais pour l’essentiel, on en reste à l’indémodable triptyque « dégraissage, épanouissement, entrepreneuriat ». Des valeurs cardinales scandées à tue-tête dans la salle, sans doute à l’intention de ceux du fond, qui les avaient oubliées pendant ces dernières années passées au pouvoir. Car le cœur du problème est bien là. Il ne s’agit pas tant de professer une foi nouvelle que de raviver l’ancienne. Frédéric De Gucht en sera-t-il capable ? La question centrale est simple : quelle est encore la place des libéraux dans le paysage politique flamand ? En quoi se distinguent-ils ? Les Engagés ont su occuper l’espace laissé au centre par le MR, le PS et Écolo. Y a-t-il un tel espace pour l’Open VLD — pardon, pour Anders ?
« La question centrale est simple : quelle est encore la place des libéraux dans le paysage politique flamand ? »
Voilà les défis qui attendent Frédéric De Gucht, chargé de sortir de la crise le parti bleu, passé du statut de Titanic à celui de petite barque, pour le remettre à flot. Il bénéficie manifestement d’une plus grande confiance que sa prédécesseure, Eva De Bleeker : elle n’avait même pas été autorisée à annoncer le changement de nom ; lui le fait, sans tambour ni trompette, quatre mois après sa prise de fonctions. La surprise du chef. Sur ce plan, Anders est en meilleure posture que Groen, qui continue de dériver faute de capitaine. Reste à voir si ce président agira vraiment autrement. Les électeurs jugeront sur pièce.
[2]Au fond du trou, l’OpenVld peut-il se permettre de refuser les avances du MR?
[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/openvld-changement-nom-necessite-reinventer/
[2] https://daardaar.be/rubriques/politique/au-fond-du-trou-lopenvld-peut-il-se-permettre-de-refuser-les-avances-du-mr/