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  ARM Give a man a fire and he's warm for a day, but set fire to him and he's warm for the rest of his life (Terry Pratchett, Jingo)

Le Vlaams Belang s’en prend à la N-VA, mais n’ose pas critiquer Trump

([Opinions, Politique] 2026-01-01 (Het Laatste Nieuws))


La N-VA ne mérite plus son V. Car le V de N-VA ne signifie plus Vlaanderen , ni Verandering (changement). Le V de la N-VA signifie Verraad : trahison. Une trahison de ses promesses politiques. Le parti a oublié qui il est censé défendre : vous, le Flamand ordinaire.

Tel était le fil rouge tissé par le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, tout au long de son discours lors de la réception de Nouvel An du parti à Ostende. La salle a eu l’occasion de rire aux dépens de Ben Weyts, qui s’est rendu en sous-vêtements dans une classe à Louvain pour promouvoir des cours à domicile pour des élèves malades. Mais le traître ultime du citoyen flamand, c’était bel et bien Bart De Wever. Prenons l’exemple de la taxe sur les plus-values, qui touchera surtout les Flamands. Ce n’est pas pour rien que Georges-Louis Bouchez n’a pas lutté contre cette taxe. Pourtant, ce débat avait électrisé la formation du gouvernement. Désormais, Van Grieken ne clame plus à tout-va que le belgicain Bouchez constitue la meilleure garantie pour les Flamands au sein de l’Arizona.

Qu’en est-il de la muraille de Chine entre la N-VA et le Vlaams Belang ? Van Grieken poursuit son édification de ses propres mains. Au sommet du parti, on se positionne frontalement contre la N-VA, même si certains militants ont spontanément admis leur admiration face au refus de De Wever de libérer les actifs russes gelés chez Euroclear pour soutenir l’Ukraine. Alexander De Croo aurait plus facilement vendu notre pays. Mais il serait illusoire d’espérer une majorité flamande composée du VB et de la N-VA, tant le VB s’échine à persuader la Flandre entière que la N-VA n’apporte pas le changement rêvé.

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[1]Le Vlaams Belang menace la gauche – et tout le pays – d’une « guerre totale »

Une (partie de la) presse stratégiquement acclamée



Dans les partis classés plutôt à droite, envoyer des piques à la « presse gauchiste », c’est l’assurance de récolter quelques ricanements. Auparavant, c’était le cas à la N-VA, et c’est toujours le cas au Vlaams Belang. Quand des crapules sèment la pagaille dans la rue, les médias ont du mal à désigner les coupables, dénonce Tom Van Grieken. Ils les appellent « des jeunes ». Mais quand ces mêmes jeunes nettoient les rues, comme on l’a vu sur VTM NIEUWS, il ne s’agit plus de jeunes mais — tenez-vous bien — de « bénévoles issus de la communauté musulmane ». Et Van Grieken de laisser entendre que le reporter de VTM NIEUWS était encore en état d’ébriété lors de l’enregistrement du sujet. Le public a ricané, en effet. Le président a cependant demandé de réserver une salve d’applaudissements pour deux visages courageux de la VRT, qui ont osé, selon lui, dire la vérité telle qu’elle est : Riadh Bahri, présentateur du JT, et la journaliste Loubna Khalkhali, qui ont clairement affirmé que le problème réside principalement chez les jeunes hommes pourris gâtés issus de la communauté islamique marocaine. Et si deux journalistes d’origine étrangère le disent, comment reprocher au Vlaams Belang d’en faire de même ? Comme demandé, le public a applaudi tout en observant la réaction des journalistes politiques présents. Ces derniers en ont vu d’autres. Et cela n’a pas empêché les militants de réclamer quelques selfies par la suite.

L’identité et la sécurité comme éternelles priorités



Comme on peut le lire ci-dessus, le discours de Van Grieken s’est longuement attardé sur les troubles causés par de jeunes musulmans au réveillon. Il a condamné l’impunité dont beaucoup d’entre eux bénéficient, alors que les honnêtes gens se font attraper sur-le-champ lorsqu’ils roulent à 130 kilomètres par heure sur l’autoroute. Il a aussi dénoncé la crèche de Noël aux personnages sans visage à Bruxelles. Ainsi que, sans surprise, la cancel culture qui s’attaque à nos traditions. Nous ne nous laisserons pas remplacer, a-t-il crié à l’adresse de sa base. Par qui donc ? Le président n’a pas approfondi la question. Quant à la crèche de Noël, elle fut tout aussi critiquée par des personnes d’origine étrangère. La sécurité et l’identité demeurent des priorités pour le Vlaams Belang, mais le VB n’est pas le seul parti qui joue ces cartes-là. La N-VA et le MR se font aussi beaucoup entendre sur ces sujets.

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[2]Le fascisme commence toujours par un désir de nouveau départ, de rupture radicale

Trump absent du discours



Le public a également ricané sur l’envoi, par notre pays, d’un militaire vers le Groenland, tandis qu’à Bruxelles, on ne trouve aucun militaire pour protéger notre propre peuple. Van Grieken en conclut que la sécurité des ours polaires est plus importante que celle des familles flamandes dans nos villes. En réalité, le militaire envoyé est un éclaireur, et non une unité de combat. Puis, il n’est pas question d’ours polaires — comme s’il fallait encore le préciser. Il est vrai que le dossier de la présence des militaires dans les rues de Bruxelles reste bloqué au fédéral, tant le CD&V et le MR s’écharpent sur le sujet. Mais en écoutant le discours du président Van Grieken, nous ne sommes pas parvenus à savoir si le VB est d’accord d’envoyer un éclaireur belge au Groenland. Pourtant, la politique étrangère domine la politique intérieure. L’homologue français de Van Grieken, Jordan Bardella, a condamné sur X de manière particulièrement virulente les menaces de Trump.

Un peu plus tard, sur VTM NIEUWS, Van Grieken, répondant à une question d’un confrère journaliste, a condamné les taxes à l’importation et les atteintes à la souveraineté. Pour lui, ce n’est pas une bonne idée d’envoyer des militaires, mais il ne cite aucune autre solution. Quand il s’agit de Trump, les mandataires du Vlaams Belang ne savent pas sur quel pied danser. D’un point de vue idéologique, Trump mène une lutte qu’ils apprécient contre l’élite libérale de gauche et combat très durement l’immigration de masse. Mais certains ténors du parti assurent qu’ils ne soutiennent pas sans réserve le président américain. Trump est parfois décrit comme une personne qui a perdu les pédales, mais d’autres fondent leurs espoirs sur lui dans leur combat contre l’islam radical. De là à le défendre publiquement et de manière inconditionnelle ? Personne ne s’y risquerait. Que les choses soient claires : Trump voulait attaquer l’Europe et soutenir les partis « patriotes », mais même pour le Vlaams Belang, il est allé trop loin.

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[3]Parlement flamand: quand la nostalgie du Vlaams Blok refait surface



[1] https://daardaar.be/rubriques/politique/le-vlaams-belang-menace-la-gauche-et-tout-le-pays-dune-guerre-totale/

[2] https://daardaar.be/rubriques/opinions/le-fascime-commence-toujours-par-un-desir-de-nouveau-depart-de-rupture-radicale/

[3] https://daardaar.be/rubriques/politique/nostalgie_vlaams_blok/



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