Ségrégation et bastions blancs: les écoles flamandes manquent de diversité
([Opinions, Société] 2025-08-01 (De Standaard))
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- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/segregation-et-bastions-blancs-les-ecoles-flamandes-manquent-de-diversite/
- Source link: https://www.standaard.be/opinies/willen-hoogopgeleide-ouders-echt-een-diverse-school/85802438.html
Quand on parle de diversité en Flandre, deux récits cohabitent. L’un aussi vrai que l’autre. Le premier, c’est que l’immigration change toute la société à une vitesse vertigineuse. Le deuxième, c’est que les couches les plus favorisées de la population ne le remarquent quasiment pas. Les Flamands les plus diplômés se retirent dans des bastions blancs, renforçant ainsi la ségrégation. Les politiques n’accordent que peu d’attention à cette ségrégation, et les universitaires blancs, toutes convictions politiques confondues, s’y accommodent.
Telle est la conclusion, pas si provocante au demeurant, d’une vaste étude menée par De Standaard sur l’évolution de la diversité dans les écoles flamandes ces treize dernières années. Dans les établissements où régnait déjà une forte diversité en 2010, celle-ci augmente deux à trois fois plus vite que dans les écoles les plus blanches. Dans certaines écoles blanches, la diversité a même reculé. Le critère utilisé pour définir cette diversité est la langue parlée à la maison.
Le gouvernement flamand accorde une grande importance à la connaissance du néerlandais, tant chez les enfants que chez les parents. Il part du principe qu’une meilleure maîtrise de la langue améliorera les performances scolaires. C’est très possible. Cependant, un autre facteur pèse encore plus lourd dans la balance : le bon vieil écart entre classes sociales, mesuré à l’aune du niveau d’étude des mères. Quand on ne parle pas néerlandais à la maison, on fait souvent moins d’études, et à l’inverse, quand on est fils ou fille d’universitaire, on a tendance à se retrouver dans des collèges de blancs.
A relire
[1]« La société flamande a tout à gagner d’une plus grande mixité »
Est-ce grave ? La qualité de l’enseignement a dépassé de loin la diversité au rang de priorité numéro un. Les enquêtes PISA et PIRLS résumant la qualité à la connaissance et à la cognition, les rectifications adoptées récemment étaient nécessaires. À cet égard, on a souvent pensé tout bas que les écoles, et notamment les écoles de blancs, ne pouvaient pas faire baisser leur niveau pour se mettre au diapason de nouveaux arrivants en déficit linguistique et victimes d’une politique migratoire défaillante.
On en est ainsi arrivé à tolérer une situation dans laquelle des écoles blanches, par divers mécanismes d’exclusion parfois inconscients mais souvent conscients, découragent la diversité en leur sein. Par voie de conséquence, le gouvernement subventionne de facto la ségrégation, qui se perpétue par la suite sur le marché du travail et dans tout ce que l’enseignement participe à prédéterminer, comme l’alimentation, le cadre de vie, le bien-être et l’état de santé. Priver autant d’enfants de meilleures conditions de vie, c’est également un échec de notre système scolaire.
Aucune politique officielle d’inscription n’a pu contrer ce phénomène. Ce qui motive réellement les écoles, ce sont les attentes des parents. Quelle importance accordent-ils à la diversité dans l’école de leurs enfants et à son rôle d’ascenseur social ? Pour alimenter le débat, nous publierons demain les données de toutes les écoles flamandes en matière de diversité, ainsi qu’un comparatif pratique avec 25 écoles situées à proximité. Ces données permettront de confronter de nombreux parents ayant fait des études aux idéaux qu’ils jugent eux-mêmes importants pour l’école de leurs enfants.
A relire
[2]Enseignement flamand: des tests centralisés utiles, malgré les critiques
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/la-societe-flamande-a-tout-a-gagner-dune-plus-grande-mixite/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/enseignement-flamand-des-tests-centralises-utiles-malgre-les-critiques/
Telle est la conclusion, pas si provocante au demeurant, d’une vaste étude menée par De Standaard sur l’évolution de la diversité dans les écoles flamandes ces treize dernières années. Dans les établissements où régnait déjà une forte diversité en 2010, celle-ci augmente deux à trois fois plus vite que dans les écoles les plus blanches. Dans certaines écoles blanches, la diversité a même reculé. Le critère utilisé pour définir cette diversité est la langue parlée à la maison.
Le gouvernement flamand accorde une grande importance à la connaissance du néerlandais, tant chez les enfants que chez les parents. Il part du principe qu’une meilleure maîtrise de la langue améliorera les performances scolaires. C’est très possible. Cependant, un autre facteur pèse encore plus lourd dans la balance : le bon vieil écart entre classes sociales, mesuré à l’aune du niveau d’étude des mères. Quand on ne parle pas néerlandais à la maison, on fait souvent moins d’études, et à l’inverse, quand on est fils ou fille d’universitaire, on a tendance à se retrouver dans des collèges de blancs.
A relire
[1]« La société flamande a tout à gagner d’une plus grande mixité »
Est-ce grave ? La qualité de l’enseignement a dépassé de loin la diversité au rang de priorité numéro un. Les enquêtes PISA et PIRLS résumant la qualité à la connaissance et à la cognition, les rectifications adoptées récemment étaient nécessaires. À cet égard, on a souvent pensé tout bas que les écoles, et notamment les écoles de blancs, ne pouvaient pas faire baisser leur niveau pour se mettre au diapason de nouveaux arrivants en déficit linguistique et victimes d’une politique migratoire défaillante.
On en est ainsi arrivé à tolérer une situation dans laquelle des écoles blanches, par divers mécanismes d’exclusion parfois inconscients mais souvent conscients, découragent la diversité en leur sein. Par voie de conséquence, le gouvernement subventionne de facto la ségrégation, qui se perpétue par la suite sur le marché du travail et dans tout ce que l’enseignement participe à prédéterminer, comme l’alimentation, le cadre de vie, le bien-être et l’état de santé. Priver autant d’enfants de meilleures conditions de vie, c’est également un échec de notre système scolaire.
Aucune politique officielle d’inscription n’a pu contrer ce phénomène. Ce qui motive réellement les écoles, ce sont les attentes des parents. Quelle importance accordent-ils à la diversité dans l’école de leurs enfants et à son rôle d’ascenseur social ? Pour alimenter le débat, nous publierons demain les données de toutes les écoles flamandes en matière de diversité, ainsi qu’un comparatif pratique avec 25 écoles situées à proximité. Ces données permettront de confronter de nombreux parents ayant fait des études aux idéaux qu’ils jugent eux-mêmes importants pour l’école de leurs enfants.
A relire
[2]Enseignement flamand: des tests centralisés utiles, malgré les critiques
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/la-societe-flamande-a-tout-a-gagner-dune-plus-grande-mixite/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/enseignement-flamand-des-tests-centralises-utiles-malgre-les-critiques/