Un café, un toutou, et le monde s’ouvre: l’initiative qui recrée du lien dans les quartiers
([Rubriques, Société, Sorties] 2025-08-01 (De Morgen))
- Reference: 2025-08_koffie-en-kwispels-in-het-boekenbergpark-te-deurne-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/un-cafe-un-toutou-et-le-monde-souvre-linitiative-qui-recree-du-lien-dans-les-quartiers/
- Source link: https://www.demorgen.be/nieuws/een-hond-een-kop-koffie-en-veel-warmte-zo-brengt-koffie-en-kwispels-mensen-samen~b7bfaed2/
Dans le parc Boekenberg à Deurne, quelques aboiements guident les promeneurs à travers les arbres. Sur une pelouse, des tables ont été dressées, le café est prêt. Peu à peu, les gens s’approchent avec leurs animaux, s’observent puis échangent quelques mots. Bientôt la timidité fait place à la convivialité.
L’initiative « Koffie en Kwispels » – ittéralement en français « café et queue qui frétille » que l’on pourrait traduire par « Tasse et Toutou » – de l’asbl AAP (Animal Assisted Projects) entend réunir les habitants d’un même quartier, propriétaires ou non d’un chien. L’objectif ? Renforcer la cohésion sociale et améliorer le bien-être des humains et des animaux. « Nos actions ont toujours tourné autour de ces thèmes, mais on sentait qu’il manquait une dimension », explique, la fondatrice de l’asbl Joke Decru. « Nous voulions proposer quelque chose d’accessible, qui incite les gens à sortir de chez eux. On le sait, rien de tel qu’un café et un chien pour rompre la glace », sourit-elle, alors que deux teckels viennent gaiment renifler nos chevilles. Le timing du projet ne doit rien au hasard : alors que les longues journées d’été s’étirent lentement, deux thématiques résonnent tout particulièrement : la solitude et le bien-être animal.
Un habitant du quartier s’approche, tiré (de sa zone de confort) par son cocker curieux. « Je ne sais pas trop ce qui se passe ici, mais ça m’a l’air sympathique. Bonjour ! », lance-t-il, pendant que son compagnon à quatre pattes renifle hardiment le derrière d’un beagle. Plus loin, un autre chien, Cappuccino, arbore un petit nœud rose. « C’est pour faire bonne impression », rient une mère et sa fille, qui se partagent la garde de ce croisé doodle à moitié sourd.
Sur la pelouse, aux côtés des habitants du quartier, on retrouve des bénévoles déjà actifs dans l’asbl avec leur animal mais aussi des personnes qui pourraient le devenir.
A relire
[1]La Wallonie n’existe pas. Amis flamands, croyez-moi, j’y suis allé.
Comme Antje Schurmans, qui s’est vite aperçue que Dalton, son corgi, était un « grand câlin ». En rendant visite à ses grands-parents en maison de repos, elle a remarqué combien la présence du chien apportait de la joie, des deux côtés. Un profil parfait pour le projet Amaai, qui envoie des duos bénévoles/animaux formés par l’AAP visiter des maisons de repos, des écoles ou des centres de soins, pour y apporter réconfort, distraction et compagnie. « On a d’abord essayé d’autres maisons de repos, mais comme Dalton ne refuse jamais une friandise, et que les résidents aiment en donner, ce n’était pas vraiment l’idéal », plaisante-t-elle.
Désormais, Dalton se rend deux fois par mois à la Haute École Karel de Grote, à Anvers. « On nous dit qu’il apaise autant les étudiants que les professeurs. Et lui, il adore ça. Dès qu’on arrive sur le campus, il se couche, prêt à se faire caresser. »
Autour des tables, les conversations vont bon train. On parle bien sûr des chiens et de leur caractère, mais aussi de tout et de rien : la canicule de la semaine dernière, les tasses en porcelaine décorées pour l’occasion, la fête foraine annuelle… Une petite fille ne lâche pas des yeux le terrier d’une dame âgée qui l’invite à lui donner une friandise.
« Il est essentiel que les enfants apprennent à interagir correctement avec les chiens », souligne Elke Janssens, accompagnée de Mila, une retriever. Elle anime le projet « Kwispels in de Klas », qui apprend aux enfants de primaire à adopter les bons comportements avec les animaux. « Malgré l’enthousiasme propre aux enfants, on n’approche pas un chien comme on veut. Il faut d’abord demander la permission au maître, mais aussi savoir « lire » les signaux d’un animal. Une queue qui remue ne veut pas toujours dire que le chien est content. Comment repérer qu’il vaut mieux laisser un chien tranquille ? Les adultes aussi devraient le savoir. Je vois encore trop de gens se diriger sans réfléchir vers un chien parce qu’il a l’air mignon. »
A relire
[2]Une taxe sur les chiens ? Un emmerdement pour l’humain, le chien et la société
« C’est plaisant, tous ces chiens ! » s’exclame un couple de retraités, attendris par les animaux qui jouent. Leur chien est mort depuis longtemps, et ils se sentent trop âgés pour en adopter un nouveau. « Nous sommes septuagénaires, Madame ! » Peut-être changeront-ils d’avis grâce au projet Aallez, qui met en relation des familles avec un « co-maître » partageant avec le foyer principal les responsabilités et les moments de tendresse avec l’animal. « Ce n’est pas un simple service de garde pendant les vacances », insiste Joke Decru. « C’est un appui durable et un engagement partagé. »
Fenn Brookhuis est le « co-maître d’Izzie », une retriever de la Nouvelle-Ecosse, depuis deux ans et demi. Chaque semaine, il l’emmène en promenade. Fenn a découvert le projet durant une hospitalisation pour un syndrome de stress post-traumatique. Pressentant qu’un chien pourrait l’aider à sortir davantage, il a envoyé sa candidature et c’est Izzie qui a été sélectionnée comme l’un des compagnons qui lui conviendraient.
« Lors de notre première rencontre, nous étions tous les deux très réservés. C’est justement ce qui a permis le succès de notre duo. À l’époque, je souffrais d’anxiété et, si je sortais, j’empruntais toujours le même trajet. Izzie m’a aidé à briser cette routine. Aujourd’hui, je sors presque tous les jours, même sans elle. »
Avec « Koffie en Kwispels », Joke Decru et son équipe voulaient d’abord tester l’accueil réservé à ce nouveau projet. Et les réactions sont plus qu’encourageantes dans plusieurs quartiers d’Anvers. « Beaucoup de gens nous ont confié que c’était exactement le coup de pouce dont ils avaient besoin pour faire le pas et sortir de chez eux. C’est pour ça qu’on le fait », conclut-elle.
Plus d’info sur l’initiative « Koffie en Kwispels » ou d’autres projets de l’asbl AAP sur le site [3]www.aapvzw.be .
A relire
[4]Chiens de race: la consanguinité s’arrête-t-elle à la frontière linguistique?
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/la-wallonie-nexiste-pas-amis-flamands-croyez-moi-jy-suis-alle/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/une-taxe-sur-les-chiens-un-emmerdement-pour-lhumain-le-chien-et-la-societe/
[3] http://www.aapvzw.be
[4] https://daardaar.be/rubriques/societe/chiens-de-race-la-consanguinite-sarrete-t-elle-a-la-frontiere-linguistique/
L’initiative « Koffie en Kwispels » – ittéralement en français « café et queue qui frétille » que l’on pourrait traduire par « Tasse et Toutou » – de l’asbl AAP (Animal Assisted Projects) entend réunir les habitants d’un même quartier, propriétaires ou non d’un chien. L’objectif ? Renforcer la cohésion sociale et améliorer le bien-être des humains et des animaux. « Nos actions ont toujours tourné autour de ces thèmes, mais on sentait qu’il manquait une dimension », explique, la fondatrice de l’asbl Joke Decru. « Nous voulions proposer quelque chose d’accessible, qui incite les gens à sortir de chez eux. On le sait, rien de tel qu’un café et un chien pour rompre la glace », sourit-elle, alors que deux teckels viennent gaiment renifler nos chevilles. Le timing du projet ne doit rien au hasard : alors que les longues journées d’été s’étirent lentement, deux thématiques résonnent tout particulièrement : la solitude et le bien-être animal.
Petit nœud rose
Un habitant du quartier s’approche, tiré (de sa zone de confort) par son cocker curieux. « Je ne sais pas trop ce qui se passe ici, mais ça m’a l’air sympathique. Bonjour ! », lance-t-il, pendant que son compagnon à quatre pattes renifle hardiment le derrière d’un beagle. Plus loin, un autre chien, Cappuccino, arbore un petit nœud rose. « C’est pour faire bonne impression », rient une mère et sa fille, qui se partagent la garde de ce croisé doodle à moitié sourd.
Sur la pelouse, aux côtés des habitants du quartier, on retrouve des bénévoles déjà actifs dans l’asbl avec leur animal mais aussi des personnes qui pourraient le devenir.
A relire
[1]La Wallonie n’existe pas. Amis flamands, croyez-moi, j’y suis allé.
Comme Antje Schurmans, qui s’est vite aperçue que Dalton, son corgi, était un « grand câlin ». En rendant visite à ses grands-parents en maison de repos, elle a remarqué combien la présence du chien apportait de la joie, des deux côtés. Un profil parfait pour le projet Amaai, qui envoie des duos bénévoles/animaux formés par l’AAP visiter des maisons de repos, des écoles ou des centres de soins, pour y apporter réconfort, distraction et compagnie. « On a d’abord essayé d’autres maisons de repos, mais comme Dalton ne refuse jamais une friandise, et que les résidents aiment en donner, ce n’était pas vraiment l’idéal », plaisante-t-elle.
Désormais, Dalton se rend deux fois par mois à la Haute École Karel de Grote, à Anvers. « On nous dit qu’il apaise autant les étudiants que les professeurs. Et lui, il adore ça. Dès qu’on arrive sur le campus, il se couche, prêt à se faire caresser. »
Autour des tables, les conversations vont bon train. On parle bien sûr des chiens et de leur caractère, mais aussi de tout et de rien : la canicule de la semaine dernière, les tasses en porcelaine décorées pour l’occasion, la fête foraine annuelle… Une petite fille ne lâche pas des yeux le terrier d’une dame âgée qui l’invite à lui donner une friandise.
« Il est essentiel que les enfants apprennent à interagir correctement avec les chiens », souligne Elke Janssens, accompagnée de Mila, une retriever. Elle anime le projet « Kwispels in de Klas », qui apprend aux enfants de primaire à adopter les bons comportements avec les animaux. « Malgré l’enthousiasme propre aux enfants, on n’approche pas un chien comme on veut. Il faut d’abord demander la permission au maître, mais aussi savoir « lire » les signaux d’un animal. Une queue qui remue ne veut pas toujours dire que le chien est content. Comment repérer qu’il vaut mieux laisser un chien tranquille ? Les adultes aussi devraient le savoir. Je vois encore trop de gens se diriger sans réfléchir vers un chien parce qu’il a l’air mignon. »
A relire
[2]Une taxe sur les chiens ? Un emmerdement pour l’humain, le chien et la société
« C’est plaisant, tous ces chiens ! » s’exclame un couple de retraités, attendris par les animaux qui jouent. Leur chien est mort depuis longtemps, et ils se sentent trop âgés pour en adopter un nouveau. « Nous sommes septuagénaires, Madame ! » Peut-être changeront-ils d’avis grâce au projet Aallez, qui met en relation des familles avec un « co-maître » partageant avec le foyer principal les responsabilités et les moments de tendresse avec l’animal. « Ce n’est pas un simple service de garde pendant les vacances », insiste Joke Decru. « C’est un appui durable et un engagement partagé. »
Briser la routine
Fenn Brookhuis est le « co-maître d’Izzie », une retriever de la Nouvelle-Ecosse, depuis deux ans et demi. Chaque semaine, il l’emmène en promenade. Fenn a découvert le projet durant une hospitalisation pour un syndrome de stress post-traumatique. Pressentant qu’un chien pourrait l’aider à sortir davantage, il a envoyé sa candidature et c’est Izzie qui a été sélectionnée comme l’un des compagnons qui lui conviendraient.
« Lors de notre première rencontre, nous étions tous les deux très réservés. C’est justement ce qui a permis le succès de notre duo. À l’époque, je souffrais d’anxiété et, si je sortais, j’empruntais toujours le même trajet. Izzie m’a aidé à briser cette routine. Aujourd’hui, je sors presque tous les jours, même sans elle. »
Avec « Koffie en Kwispels », Joke Decru et son équipe voulaient d’abord tester l’accueil réservé à ce nouveau projet. Et les réactions sont plus qu’encourageantes dans plusieurs quartiers d’Anvers. « Beaucoup de gens nous ont confié que c’était exactement le coup de pouce dont ils avaient besoin pour faire le pas et sortir de chez eux. C’est pour ça qu’on le fait », conclut-elle.
Plus d’info sur l’initiative « Koffie en Kwispels » ou d’autres projets de l’asbl AAP sur le site [3]www.aapvzw.be .
A relire
[4]Chiens de race: la consanguinité s’arrête-t-elle à la frontière linguistique?
[1] https://daardaar.be/rubriques/culture-et-medias/la-wallonie-nexiste-pas-amis-flamands-croyez-moi-jy-suis-alle/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/une-taxe-sur-les-chiens-un-emmerdement-pour-lhumain-le-chien-et-la-societe/
[3] http://www.aapvzw.be
[4] https://daardaar.be/rubriques/societe/chiens-de-race-la-consanguinite-sarrete-t-elle-a-la-frontiere-linguistique/