Els van Doesburg reprend les rênes à Anvers : voici les 4 défis qui l’attendent
([Politique] 2025-08-01 (Gazet van Antwerpen))
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Après plusieurs mois de congé de maternité, Els van Doesburg reprend ses fonctions cette semaine au Schoon Verdiep , l’hôtel de ville d’Anvers. Une reprise tout sauf tranquille, tant les mois à venir s’annoncent corsés pour la remplaçante de Bart De Wever. Cet automne, van Doesburg aura quatre missions à remplir.
Le 17 mai dernier, quelques mois à peine après avoir prêté serment comme bourgmestre faisant fonction, Els van Doesburg (N-VA) a pris un congé de maternité. Elle a accouché le 6 juin du petit Marcel, son premier enfant et le deuxième de son partenaire, le président de la Chambre Peter De Roover. Ce mardi, elle reprendra sa charge de bourgmestre faisant fonction à l’hôtel de ville d’Anvers, où l’attendent bien des défis.
C’est principalement l’échevin Koen Kennis (N-VA) qui a assuré l’intérim en l’absence de van Doesburg. Très vite, il a dû faire face à une série d’incidents dramatiques dans la ville de Rubens. Au mois de juin, un homme de 76 ans a été tué au couteau dans un bus De Lijn dans le quartier de Linkeroever, sur la rive gauche de l’Escaut. Le même mois, un enfant de neuf ans a perdu la vie, renversé par une voiture de police dans la Provinciestraat, non loin du zoo.
Mais ce qui a suscité le plus d’émoi, c’est probablement cet homme qui s’est fait poignarder sur la Duinplak, une petite place au nord de la ville, après avoir voulu venir en aide à une femme qui se faisait harceler. Des manifestations ont éclaté dans le quartier pour dénoncer la ville et son manque d’intérêt pour Anvers-Nord. Le collège des échevins, en réponse, a reconnu ce quartier comme prioritaire, afin de lui faire bénéficier d’une plus grande présence policière, mais aussi de mesures plus sociales.
Concernant la sécurité et la qualité de vie à Anvers-Nord, tous les yeux se tourneront vers la bourgmestre van Doesburg. Ce quartier à forte valeur symbolique fait partie de ceux dans lesquels les partis aiment se forger une image. Els van Doesburg y réside elle-même, ce qui devrait accélérer les prises de décision.
[1]Pourquoi les Flamands se sentent-ils moins en sécurité alors que la criminalité baisse ?
Les tensions politiques qui divisent la N-VA et Vooruit au sein de la coalition anversoise ne sont pas liées à la situation d’Anvers-Nord ni au meurtre de la rive gauche, mais bien au conflit à Gaza. Les deux partis ne s’accordent pas sur la position que doit prendre la ville vis-à-vis d’Israël, comme en témoignent à l’évidence les débats du dernier conseil communal de juin.
Pendant la séance, et sous le nez de la police, le drapeau israélien qui flottait sur la façade de l’hôtel de ville a été volé. Si l’auteur des faits demeure inconnu, nous savons qu’il avait besoin d’un badge d’accès pour atteindre les étages du bâtiment. Le drapeau était entouré de ceux d’autres pays, notamment de l’Union européenne, mais aussi d’autres pays disposant d’une ambassade ou d’un consulat à Anvers. Par tradition, tous ces drapeaux, y compris celui d’Israël, sont arborés sur l’hôtel de ville chaque été. Seulement, la présence du drapeau israélien choquait certains partis, qui dénoncent les crimes de guerre commis par l’État hébreu. Vooruit, membre de la majorité, a demandé le retrait du drapeau, mais la N-VA a refusé.
[2]À Anvers, le quotidien résiste aux extrêmes: scènes de vie dans le quartier juif
C’est au dernier conseil communal de juin que les divergences entre les deux formations ont connu leur apogée. Depuis les bancs de l’opposition, Groen a exigé le retrait du drapeau israélien, forçant ainsi le conseil à passer au vote. Politiquement, ce fut un vrai thriller, car Vooruit, parti de la majorité, soutenait une demande de l’opposition. Le scrutin s’est soldé par un ex aequo , et donc par le rejet de la demande des verts. À l’issue du vote, la N-VA n’a pas caché sa colère vis-à-vis de son partenaire de coalition.
Après le conseil communal, le bourgmestre faisant fonction, Koen Kennis, s’est exprimé : « Cela va à l’encontre des règles au sein d’une coalition. Vooruit doit tenir compte de ses partenaires. »
Il incombera maintenant à Els van Doesburg de trouver un compromis entre les deux membres de la coalition afin de se débarrasser de ce dossier, qui risque d’empoisonner la relation entre la N-VA et Vooruit. L’agacement au sein des deux formations est déjà bien tangible. « Il serait bon que certains échevins tempèrent leur militantisme », a déclaré un membre de la N-VA en visant l’échevine Vooruit Lien Van de Kelder.
La tâche s’annonce ardue pour van Doesburg, car au fédéral aussi, la question ne fait pas l’unanimité au sein de l’exécutif.
Mission suivante : les négociations budgétaires. À la fin de l’année, la N-VA et Vooruit sont parvenus à un accord de gestion fixant les principales priorités pour la législature 2025-2030. Seulement, les échevins doivent trouver l’argent nécessaire à la réalisation de cet accord.
Au printemps, le collège anversois a fait ses devoirs. Chaque échevin viendra exposer ses souhaits à la table des négociations en septembre et en octobre. La ville dispose-t-elle, financièrement, des moyens de baisser encore l’impôt des personnes physiques ? La Flandre octroiera des fonds à la ville pour la construction d’un nouveau pont sur l’Escaut, mais quels moyens restera-t-il à la ville pour ce projet ? Dégagera-t-on des budgets pour le quartier d’Anvers-Nord et pour le développement du site du Stuivenberg ?
Ce sera à la bourgmestre de mener à bien ces négociations, qui ont parfois tendance à se prolonger jusqu’aux petites heures, mais sur lesquelles se basera toute la gestion de la ville dans les six prochaines années. Au cours des premiers mois de son maïorat, les échevins s’étaient déclarés satisfaits de la manière dont elle dirigeait les collèges.
Il n’en demeure pas moins que son autorité sera mise à l’épreuve, notamment par de vieux briscards de la trempe de Koen Kennis (N-VA) et Patrick Janssens (Vooruit).
[3]Comment la ville de Gand a-t-elle fait pour accumuler un milliard d’euros de dettes ?
Els van Doesburg ne remplace pas n’importe qui, mais Bart De Wever. Bien entendu, elle jouit déjà d’une certaine réputation, comme échevine au cours de la précédente législature, mais aussi comme chroniqueuse dans la presse flamande. En tant que bourgmestre, elle devra à la fois garantir un équilibre entre les partis et se situer au-dessus de la mêlée, mais aussi éviter de rester fade et garder suffisamment de visibilité. Tout comme De Wever, elle ne craint pas les coups de pub. Elle s’est déjà montrée capable de grimper aux arbres et de participer au nettoyage de la ville avec les balayeurs de rue. Mais l’Anversois est critique. Il reste à van Doesburg encore du chemin à parcourir pour obtenir le titre honorifique de Burgermoeder , ou « mère-citoyenne », de la ville.
[4]Aidez DaarDaar à jeter des ponts !
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/comment-les-flamands-se-sentent-ils-moins-en-securite-alors-que-la-criminalite-baisse/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/a-anvers-le-quotidien-resiste-aux-extremes-scenes-de-vie-dans-le-quartier-juif/
[3] https://daardaar.be/rubriques/economie/comment-la-ville-de-gand-a-t-elle-fait-pour-accumuler-un-milliard-deuros-de-dettes/
[4] https://daardaar.be/daardaar/aidez-daardaar-a-jeter-des-ponts/
Le 17 mai dernier, quelques mois à peine après avoir prêté serment comme bourgmestre faisant fonction, Els van Doesburg (N-VA) a pris un congé de maternité. Elle a accouché le 6 juin du petit Marcel, son premier enfant et le deuxième de son partenaire, le président de la Chambre Peter De Roover. Ce mardi, elle reprendra sa charge de bourgmestre faisant fonction à l’hôtel de ville d’Anvers, où l’attendent bien des défis.
Premier défi : la sécurité
C’est principalement l’échevin Koen Kennis (N-VA) qui a assuré l’intérim en l’absence de van Doesburg. Très vite, il a dû faire face à une série d’incidents dramatiques dans la ville de Rubens. Au mois de juin, un homme de 76 ans a été tué au couteau dans un bus De Lijn dans le quartier de Linkeroever, sur la rive gauche de l’Escaut. Le même mois, un enfant de neuf ans a perdu la vie, renversé par une voiture de police dans la Provinciestraat, non loin du zoo.
Mais ce qui a suscité le plus d’émoi, c’est probablement cet homme qui s’est fait poignarder sur la Duinplak, une petite place au nord de la ville, après avoir voulu venir en aide à une femme qui se faisait harceler. Des manifestations ont éclaté dans le quartier pour dénoncer la ville et son manque d’intérêt pour Anvers-Nord. Le collège des échevins, en réponse, a reconnu ce quartier comme prioritaire, afin de lui faire bénéficier d’une plus grande présence policière, mais aussi de mesures plus sociales.
Concernant la sécurité et la qualité de vie à Anvers-Nord, tous les yeux se tourneront vers la bourgmestre van Doesburg. Ce quartier à forte valeur symbolique fait partie de ceux dans lesquels les partis aiment se forger une image. Els van Doesburg y réside elle-même, ce qui devrait accélérer les prises de décision.
[1]Pourquoi les Flamands se sentent-ils moins en sécurité alors que la criminalité baisse ?
Deuxième défi : Gaza
Les tensions politiques qui divisent la N-VA et Vooruit au sein de la coalition anversoise ne sont pas liées à la situation d’Anvers-Nord ni au meurtre de la rive gauche, mais bien au conflit à Gaza. Les deux partis ne s’accordent pas sur la position que doit prendre la ville vis-à-vis d’Israël, comme en témoignent à l’évidence les débats du dernier conseil communal de juin.
Pendant la séance, et sous le nez de la police, le drapeau israélien qui flottait sur la façade de l’hôtel de ville a été volé. Si l’auteur des faits demeure inconnu, nous savons qu’il avait besoin d’un badge d’accès pour atteindre les étages du bâtiment. Le drapeau était entouré de ceux d’autres pays, notamment de l’Union européenne, mais aussi d’autres pays disposant d’une ambassade ou d’un consulat à Anvers. Par tradition, tous ces drapeaux, y compris celui d’Israël, sont arborés sur l’hôtel de ville chaque été. Seulement, la présence du drapeau israélien choquait certains partis, qui dénoncent les crimes de guerre commis par l’État hébreu. Vooruit, membre de la majorité, a demandé le retrait du drapeau, mais la N-VA a refusé.
[2]À Anvers, le quotidien résiste aux extrêmes: scènes de vie dans le quartier juif
C’est au dernier conseil communal de juin que les divergences entre les deux formations ont connu leur apogée. Depuis les bancs de l’opposition, Groen a exigé le retrait du drapeau israélien, forçant ainsi le conseil à passer au vote. Politiquement, ce fut un vrai thriller, car Vooruit, parti de la majorité, soutenait une demande de l’opposition. Le scrutin s’est soldé par un ex aequo , et donc par le rejet de la demande des verts. À l’issue du vote, la N-VA n’a pas caché sa colère vis-à-vis de son partenaire de coalition.
Après le conseil communal, le bourgmestre faisant fonction, Koen Kennis, s’est exprimé : « Cela va à l’encontre des règles au sein d’une coalition. Vooruit doit tenir compte de ses partenaires. »
Il incombera maintenant à Els van Doesburg de trouver un compromis entre les deux membres de la coalition afin de se débarrasser de ce dossier, qui risque d’empoisonner la relation entre la N-VA et Vooruit. L’agacement au sein des deux formations est déjà bien tangible. « Il serait bon que certains échevins tempèrent leur militantisme », a déclaré un membre de la N-VA en visant l’échevine Vooruit Lien Van de Kelder.
La tâche s’annonce ardue pour van Doesburg, car au fédéral aussi, la question ne fait pas l’unanimité au sein de l’exécutif.
Troisième défi : l’argent
Mission suivante : les négociations budgétaires. À la fin de l’année, la N-VA et Vooruit sont parvenus à un accord de gestion fixant les principales priorités pour la législature 2025-2030. Seulement, les échevins doivent trouver l’argent nécessaire à la réalisation de cet accord.
Au printemps, le collège anversois a fait ses devoirs. Chaque échevin viendra exposer ses souhaits à la table des négociations en septembre et en octobre. La ville dispose-t-elle, financièrement, des moyens de baisser encore l’impôt des personnes physiques ? La Flandre octroiera des fonds à la ville pour la construction d’un nouveau pont sur l’Escaut, mais quels moyens restera-t-il à la ville pour ce projet ? Dégagera-t-on des budgets pour le quartier d’Anvers-Nord et pour le développement du site du Stuivenberg ?
Ce sera à la bourgmestre de mener à bien ces négociations, qui ont parfois tendance à se prolonger jusqu’aux petites heures, mais sur lesquelles se basera toute la gestion de la ville dans les six prochaines années. Au cours des premiers mois de son maïorat, les échevins s’étaient déclarés satisfaits de la manière dont elle dirigeait les collèges.
Il n’en demeure pas moins que son autorité sera mise à l’épreuve, notamment par de vieux briscards de la trempe de Koen Kennis (N-VA) et Patrick Janssens (Vooruit).
[3]Comment la ville de Gand a-t-elle fait pour accumuler un milliard d’euros de dettes ?
Quatrième défi : la reconnaissance
Els van Doesburg ne remplace pas n’importe qui, mais Bart De Wever. Bien entendu, elle jouit déjà d’une certaine réputation, comme échevine au cours de la précédente législature, mais aussi comme chroniqueuse dans la presse flamande. En tant que bourgmestre, elle devra à la fois garantir un équilibre entre les partis et se situer au-dessus de la mêlée, mais aussi éviter de rester fade et garder suffisamment de visibilité. Tout comme De Wever, elle ne craint pas les coups de pub. Elle s’est déjà montrée capable de grimper aux arbres et de participer au nettoyage de la ville avec les balayeurs de rue. Mais l’Anversois est critique. Il reste à van Doesburg encore du chemin à parcourir pour obtenir le titre honorifique de Burgermoeder , ou « mère-citoyenne », de la ville.
[4]Aidez DaarDaar à jeter des ponts !
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/comment-les-flamands-se-sentent-ils-moins-en-securite-alors-que-la-criminalite-baisse/
[2] https://daardaar.be/rubriques/societe/a-anvers-le-quotidien-resiste-aux-extremes-scenes-de-vie-dans-le-quartier-juif/
[3] https://daardaar.be/rubriques/economie/comment-la-ville-de-gand-a-t-elle-fait-pour-accumuler-un-milliard-deuros-de-dettes/
[4] https://daardaar.be/daardaar/aidez-daardaar-a-jeter-des-ponts/