Aménagement du territoire en Flandre : préserver chaque carré de terre
([Opinions, Société] 2022-12-01 (De Tijd))
- Reference: 2022-12_dim-hou-eFmC6UeGZIA-unsplash-255x170
- News link: https://daardaar.be/rubriques/societe/amenagement-du-territoire-en-flandre-preserver-chaque-carre-de-terre/
- Source link: https://www.tijd.be/opinie/commentaar/vechten-voor-de-vlaamse-grond/10631474.html
Un temps, on a cru à un coup d’arrêt. Mais force est de constater que le rythme effréné auquel les terres de Flandre se voient artificialisées a repris de plus belle. D’après les derniers chiffres du gouvernement flamand, l’équivalent de quinze terrains de football est chaque jour bétonné, asphalté, pavé ou recouvert de l’un ou l’autre revêtement.
Ce constat illustre à quel point l’ambition du « stop au béton », censée préserver les milieux naturels, a été reléguée au second plan. Alors que le gouvernement Bourgeois (2014-2019) s’était emberlificoté dans ce dossier, il y avait bien eu un accord politique ensuite, en 2020, mais dont les effets concrets sont bien peu perceptibles à ce jour.
La question de fond reste inchangée : comment faire tenir sur 13 500 km² près de 7 millions d’habitants, trois ports maritimes, un réseau de transport, des terres agricoles, une industrie de pointe, des universités, des hôpitaux et – accessoirement – des espaces naturels ?
[1]Le « Stop au béton » de la Flandre est « irréaliste et impayable »
C’est une problématique d’autant plus complexe qu’elle échappe à toute logique économique. Si les acteurs économiques ou issus du monde académique peuvent, même en situation de concurrence, continuer à croître ensemble, à condition d’adopter une logique de coopération, ce n’est pas le cas pour le sol : gagner du terrain ici, c’est forcément en perdre là.
À ce titre, les revendications territoriales sont le plus souvent légitimes. La population flamande ne cesse de croître : selon le Bureau fédéral du Plan, elle devrait compter 1,1 million d’habitants supplémentaires d’ici 2070. Si l’on veut maintenir des logements accessibles, il faudra nécessairement construire davantage. Et pas qu’un peu.
Parallèlement, les guerres et conflits géopolitiques récents ont rappelé l’importance de la résilience et de l’autosuffisance, ce qui implique plus d’espace pour l’industrie et l’agriculture. Et face aux étés de plus en plus chauds, aux sécheresses et aux inondations, la nature aussi réclame son dû.
Cette tension permanente autour de l’usage du sol réside à la base de la plupart des grandes crises politiques en Flandre de ces dernières années : du stop au béton au « plan lisier », de la crise des permis de construire aux émissions d’azote en passant par la pollution au PFAS. À chaque fois, on se bat pour des sols de qualité et plus d’espace.
« Si le gouvernement flamand veut réellement anticiper les défis de demain, il devra impérativement accorder une place centrale à l’aménagement du territoire. »
Si le gouvernement flamand veut réellement anticiper les défis de demain, il devra impérativement accorder une place centrale à l’aménagement du territoire. Les zones industrielles ne représentent que 3 % du sol, mais sont trop morcelées. Les habitations, jardins et immeubles couvrent un huitième du territoire, mais pourraient être concentrés dans les noyaux urbains et autour de villages, là où les infrastructures existent déjà.
Des solutions partielles sont sans doute aussi à envisager dans des interventions de moindre envergure, comme la désimperméabilisation des jardins, des terrasses, des parkings et des sites industriels, comme le suggère d’ailleurs le département flamand de l’Environnement.
Nous savons tous que la Flandre a une brique dans le ventre et qu’à cet égard, l’aménagement du territoire demeure une question extrêmement délicate. Cependant, le gouvernement n’a d’autre choix que de s’engager dans ce débat avec ses citoyens.
[2]Halte à l’urbanisation: le contribuable flamand va payer l’addition
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/le-stop-au-beton-de-la-flandre-est-irrealiste-et-impayable/
[2] https://daardaar.be/rubriques/opinions/halte-a-lurbanisation-le-contribuable-flamand-va-payer-laddition/
Ce constat illustre à quel point l’ambition du « stop au béton », censée préserver les milieux naturels, a été reléguée au second plan. Alors que le gouvernement Bourgeois (2014-2019) s’était emberlificoté dans ce dossier, il y avait bien eu un accord politique ensuite, en 2020, mais dont les effets concrets sont bien peu perceptibles à ce jour.
La question de fond reste inchangée : comment faire tenir sur 13 500 km² près de 7 millions d’habitants, trois ports maritimes, un réseau de transport, des terres agricoles, une industrie de pointe, des universités, des hôpitaux et – accessoirement – des espaces naturels ?
[1]Le « Stop au béton » de la Flandre est « irréaliste et impayable »
C’est une problématique d’autant plus complexe qu’elle échappe à toute logique économique. Si les acteurs économiques ou issus du monde académique peuvent, même en situation de concurrence, continuer à croître ensemble, à condition d’adopter une logique de coopération, ce n’est pas le cas pour le sol : gagner du terrain ici, c’est forcément en perdre là.
À ce titre, les revendications territoriales sont le plus souvent légitimes. La population flamande ne cesse de croître : selon le Bureau fédéral du Plan, elle devrait compter 1,1 million d’habitants supplémentaires d’ici 2070. Si l’on veut maintenir des logements accessibles, il faudra nécessairement construire davantage. Et pas qu’un peu.
Parallèlement, les guerres et conflits géopolitiques récents ont rappelé l’importance de la résilience et de l’autosuffisance, ce qui implique plus d’espace pour l’industrie et l’agriculture. Et face aux étés de plus en plus chauds, aux sécheresses et aux inondations, la nature aussi réclame son dû.
Cette tension permanente autour de l’usage du sol réside à la base de la plupart des grandes crises politiques en Flandre de ces dernières années : du stop au béton au « plan lisier », de la crise des permis de construire aux émissions d’azote en passant par la pollution au PFAS. À chaque fois, on se bat pour des sols de qualité et plus d’espace.
« Si le gouvernement flamand veut réellement anticiper les défis de demain, il devra impérativement accorder une place centrale à l’aménagement du territoire. »
Si le gouvernement flamand veut réellement anticiper les défis de demain, il devra impérativement accorder une place centrale à l’aménagement du territoire. Les zones industrielles ne représentent que 3 % du sol, mais sont trop morcelées. Les habitations, jardins et immeubles couvrent un huitième du territoire, mais pourraient être concentrés dans les noyaux urbains et autour de villages, là où les infrastructures existent déjà.
Des solutions partielles sont sans doute aussi à envisager dans des interventions de moindre envergure, comme la désimperméabilisation des jardins, des terrasses, des parkings et des sites industriels, comme le suggère d’ailleurs le département flamand de l’Environnement.
Nous savons tous que la Flandre a une brique dans le ventre et qu’à cet égard, l’aménagement du territoire demeure une question extrêmement délicate. Cependant, le gouvernement n’a d’autre choix que de s’engager dans ce débat avec ses citoyens.
[2]Halte à l’urbanisation: le contribuable flamand va payer l’addition
[1] https://daardaar.be/rubriques/societe/le-stop-au-beton-de-la-flandre-est-irrealiste-et-impayable/
[2] https://daardaar.be/rubriques/opinions/halte-a-lurbanisation-le-contribuable-flamand-va-payer-laddition/